Lamprohiza splendidula (Linnaeus, 1767)
L’espèce est largement présente en Europe centrale et occidentale, en Italie et dans la péninsule balkanique et atteint au nord les Pays-Bas. Si l’espèce est connue depuis longtemps au Sud des Alpes en Suisse (Tessin, Val Poschiavo et Val Bregaglia au Sud des Grisons), on la connaît maintenant aussi de plusieurs populations isolées du Plateau et à Schaffhouse (Fig. 2a). Il est étonnant de constater qu’Allenspach & Wittmer (1979) ne mentionnent aucune de ces populations au Nord des Alpes hormis deux occurrences de Genève et Bâle, issues de la littérature ancienne. La mention bâloise résulte par ailleurs vraisemblablement d’une erreur d’interprétation. La première signalisation provient en effet de Stierlin & Gautard (1867) qui indiquent clairement «In Badenweiler, 6 Stunden von Basel», à savoir une localité située sur le territoire allemand à une vingtaine de kilomètres de Bâle. L’espèce est régulièrement observée dans l’Est de la France (Constantin 2014) et dans presque toute l’Allemagne (Köhler & Klausnitzer 1998). Les populations suisses du Nord des Alpes de L. splendidula doivent être considérées comme des populations relictuelles qui sont longtemps passées inaperçues au vu de la grande discrétion de l’espèce (très localisée et avec une courte période d’activité des adultes). La seule population semblant résulter d’une introduction est celle de Zürich-Bucheggplatz, dont la découverte date de 2010. Les individus ont depuis colonisé des milieux distants de près de 500 m. L’espèce est principalement collinéenne mais atteint occasionnellement près de 1600 m d’altitude (Fig. 2b). Les imagos s’observent surtout de fin juin à mi-juillet (Fig. 2c).
Morphologiquement proche de L. noctiluca, le mâle présente par contre deux fenêtres transparentes sur le pronotum, juste au-dessus des yeux (Fig. 2e). Il émet un signal lumineux continu en vol, avec les organes photiques des cinquième et sixième segments abdominaux. La femelle brachyptère est d’une couleur jaune‐blanc (Fig. 2f) et les bords des segments abdominaux sont lobés tels des «ailettes». Elle émet également un signal lumineux continu. L’habitat larvaire de L. splendidula est comparable à celui de Lampyris noctiluca: forêts de feuillus et prairies humides riches en gastéropodes. Les adultes ne s’éloignent guère des milieux fréquentés par les larves.