Lampyris noctiluca (Linnaeus, 1758)

Le lampyre ou ver luisant, parfois confondu et dénommé à tort «luciole», est largement distribué dans une grande partie de l’Europe. En Suisse, il est présent sur tout le territoire (Fig. 1a), de la plaine jusqu’à plus de 2000 m d’altitude (Fig. 1b). Les femelles adultes (Fig. 1f) ressemblent aux larves (Fig. 1d), mais elles s’en distinguent aisément par l’absence de taches latérales sur les segments abdominaux et par leur tête dotée de deux gros yeux composés. Les mâles (Fig. 1e) ne sont pas dotés d’organes photiques, mais ils cherchent en vol les femelles qui luisent au sol. Les organes photiques de ces dernières sont situès sur les trois derniers sternites et sont composés de deux bandes horizontales suivies de deux points. En fonction de l’année et de l’altitude, on constate parfois d’importantes différences dans l’abondance et la période d’apparition des adultes, mais ils sont généralement observés entre mi-juin et mi-juillet (Fig. 1c). Toutefois, des individus isolés peuvent être observés dès le mois d’avril et jusqu’en octobre. Les larves se rencontrent dans des habitats riches en mollusques, dont elles se nourrissent durant 2 à 3 ans, généralement dans des prairies humides et dans des sous-bois de feuillus (Schwalb 1961). Avant la nymphose, les larves s’éloignent parfois de 200 à 500 m de leur habitat larvaire («walkabout larvae») et s’observent dans des habitats tout aussi variés (lisières, clairières, en bordure de chemins et de voies ferrées…) (Wunsch 1990, Rieger 2007, De Cock 2009, Gardiner 2011, Ineichen & Rüttimann 2012). Une fois éclos, les mâles volent dans des endroits relativement ouverts, où ils peuvent détecter assez aisément les femelles au sol. Ces dernières ne s’éloignent pas de leur lieu d’éclosion, si bien que si les larves se sont nymphosées dans un endroit qui s’avère être trop éclairé la nuit, environnement que les mâles évitent au cours de leurs vols, les femelles ne trouvent pas de partenaire (Rieger 2007, Ineichen & Rüttimann 2012). Les imagos ne se nourrissent pas, les réserves accumulées au stade larvaire permettant une vie imaginale de 10 à 20 jours environ.