Cavolinia Abildgaard, 1791

Rampal, Jeannine, 2002, Biodiversité et biogéographie chez les Cavoliniidae (Mollusca, Gastropoda, Opisthobranchia, Euthecosomata). Régions faunistiques marines, Zoosystema 24 (2), pp. 209-258 : 215-219

publication ID

https://doi.org/ 10.5281/zenodo.5394229

persistent identifier

https://treatment.plazi.org/id/0383825D-FF8F-FFDA-8561-40F8FBB40E28

treatment provided by

Marcus

scientific name

Cavolinia Abildgaard, 1791
status

 

Genre Cavolinia Abildgaard, 1791 View in CoL

ESPÈCE TYPE. — Anomia tridentata Niebuhr, 1775 . Groupe gibbosa

ESPÈCES INCLUSES. — Cavolinia plana ( Meisenheimer, 1905) ; Cavolinia flava (d’Orbigny, 1836) ; Cavolinia gibbosa (d’Orbigny, 1836) ; Cavolinia gibboides n. sp.

REMARQUES

Une certaine confusion existe à propos du nom donné aux différents taxons du groupe gibbosa . Les deux taxons atlantique et sud-atlantique C. g. flava (d’Orbigny, 1836) et C. g. gibbosa (d’Orbigny, 1836) ont été décrits sous le même nom: C.gibbosa (d’Orbigny, 1836) (décrit antérieurement par Rang mais non publié). Le taxon indo-pacifique C. g. plana ( Meisenheimer, 1905) a été décrit sous le nom de C. flava (d’Orbigny, 1836) . Dans cette étude, nous n’abordons que le point de vue systématique et conservons le nom spécifique adopté par les auteurs jusqu’à ces dernières décennies. Depuis plusieurs décennies les trois taxons atlantique, sud-atlantique et indo-pacifique sont considérés par les auteurs comme des sous-espèces: C. g. gibbosa , C. g. flava et C. g. plana . Nous avions avancé que C. g. gibbosa était sur la voie de la spéciation et que C. g. plana représentait une semiespèce (selon la terminologie de Mayr 1974) indo-pacifique occidentale ( Rampal 1975). L’examen de nouveaux spécimens de provenances diverses nous permet d’affirmer maintenant que ces trois taxons ont atteint le niveau spécifique et qu’en Méditerranée orientale et en mer Rouge septentrionale s’est isolé C. gibboides n. sp.

Le nombre de côtes dorsales longitudinales établit d’emblée une discrimination entre les différentes espèces ( Tableau 3). Ce critère est pris en considération dans la diagnose mais ne peut être aligné avec les autres composantes biométriques exprimées en millimètres et qui caractérisent la silhouette de la coquille. Parmi les 11 paramètres examinés sur plus de 250 spécimens, trois ont une forte valeur discriminante: la hauteur (H), la largeur (l) et la longueur (L). D’autres paramètres, dont l’angle antérieur de la face ventrale, caractéristique du groupe, et l’orientation et la longueur de la lèvre dorsale (ld), sont aussi des éléments de comparaison intéressants, mais de valeur moindre que les précédents. Ces paramètres ont été soumis à l’analyse des correspondances. Sur les plans factoriels I et II se distinguent quatre ensembles de points dont deux concentriques ( Fig. 4Q View FIG ). H caractérise le nuage de points de C. gibboides n. sp., L, celui de C. plana .

Cavolinia plana Meisenheimer, 1905 View in CoL ( Figs 2 View FIG ; 4Q, R View FIG )

Cavolinia gibbosa var. plana Meisenheimer, 1905: 32 View in CoL . MATÉRIEL EXAMINÉ. — 87 spécimens (00°00’S, 169°57’E; 00°35’S, 169°54’E; 01°14’S, 169°49’E; 01°48’S, 169°43’E; 02°27’S, 169°38’E; 03°13’S, 169°37’E; 04°00’S, 169°45’E; 04°38’S, 169°36’E; 17°15’N, 145°44’O; 00°14’S, 117°51’E; 12°29’S, 45°02’E; 12°38’S, 45°11’E; 21°08’S, 55°11’E; 09°41’S, 49°43’E; 07°47’S, 51°51’E).

DISTRIBUTION. — Cette espèce est caractéristique de l’Indo-Pacifique occidental ( Fig. 4R View FIG ).

REMARQUES

C’est sous cette forme que l’on observe les plus grands spécimens du groupe (L = 8,0- 11,5 mm) ( Tableau 3). Les plus fortes moyennes se rencontrent chez les spécimens du Pacifique occidental et en Indonésie. Les plus grands spécimens ont été récoltés près des Célèbes (L = 10,21 mm) et des Îles Salomon (L = 10,87-11,5 mm). Les plus petits spécimens proviennent du Pacifique central (L = 8,0 mm). C’est la forme la plus plate (H/L = 0,45-0,57; 0,54 à 0,76 pour les autres espèces). Elle est relativement large (l/L = 0,61-0,73) mais ce critère n’est pas significatif puisqu’on trouve sensiblement les mêmes valeurs relatives chez C. gibbosa et C. gibboides n. sp. Ses contours sinueux et arrondis lui donnent un aspect globuleux en vue dorsale. Elle possède cinq côtes dorsales longitudinales séparées par quatre sillons (plus de cinq côtes chez les autres espèces du groupe gibbosa ). Chez quelques rares spécimens du Pacifique occidental, on peut observer les traces de deux légères dépressions superficielles sur l’emplacement postérieur des deux sillons supplémentaires des formes atlantiques (éventuellement traces résiduelles de ces sillons) ( Fig. 2K View FIG ). En vue de profil, l’angle antérieur de la face ventrale est proche de 73°. La lèvre dorsale est longue (0,28 % L) et très oblique.

Cavolinia flava (d’Orbigny, 1836) ( Figs 3 View FIG ; 4Q, R View FIG )

Hyalaea flava d’Orbigny, 1836: 97 View in CoL .

MATÉRIEL EXAMINÉ. — 48 spécimens (00°10’N, 08°16’O; 35°59’N, 05°30’O; 36°08’N, 00°30’O; 10°19’N, 58°54’O; 14°52’N, 28°04’O; 26°13’N, 78°48’O; 27°17’N, 54°35’O; 29°11’N, 14°14’O; 33°08’N, 10°22’O; 26°36’N, 17°27’O; 30°50’N, 16°10’O) GoogleMaps .

DISTRIBUTION. — Cette espèce se rencontre dans l’océan Atlantique. Les rares spécimens récoltés en

Méditerranée occidentale (mer d’Alboran) et dans le détroit de Gibraltar ont valeur d’indicateur d’eau d’influence atlantique ( Rampal 1965, 1970). D’après McGowan (1960), elle vit aussi, mais sporadiquement, dans la moitié nord orientale du Pacifique ( Fig. 4R View FIG ). Ces deux populations, séparées depuis au moins 2,5 Ma, sont vraisemblablement reproductivement isolées.

REMARQUES

Cette espèce est assez grande (L = 8,27-10,70 mm); cependant elle n’atteint pas les maxima de la précédente. En moyenne, les spécimens de l’Atlantique occidental sont plus petits que ceux de l’Atlantique oriental. En vue de profil, elle est assez haute comparativement à la précédente (H/L = 0,54-0,62). C’est la forme la plus étroite du groupe (l/L = 0,56-0,60). Elle possède sept côtes dorsales longitudinales séparées par six sillons alors que C. plana n’en possède que cinq. En vue de profil, l’angle antérieur de la face ventrale est proche de 73°. La lèvre dorsale est longue (0,30 % L) et peu oblique. Sur les plans factoriels I et II ( Fig. 4Q View FIG ), C. flava et C. plana forment deux ensembles distincts. Ces deux espèces, morphologiquement différentes et à répartition allopatrique, représentent donc bien des espèces distinctes.

Cavolinia gibbosa (d’Orbigny, 1836) ( Figs 4 View FIG A-H, Q, R; 22C, D)

Hyalaea gibbosa d’Orbigny, 1836: 95 View in CoL .

MATÉRIEL EXAMINÉ. — 17 spécimens (12°29’S, 45°02’E; 12°38’S, 45°11’E; 32°18’S, 13°15’E; 21°08’S, 55°11’E; 36°44’S, 20°00’E; 32°00’S, 31°00’E) GoogleMaps .

DISTRIBUTION. — Cavolinia gibbosa vit au large de l’Afrique du Sud ( Fig. 4R View FIG ). Pfeffer (1880) la cite aussi dans une station de l’Atlantique centre-équatorial, vraisemblablement transportée par le courant des Aiguilles. En fait, des individus de provenances diverses, évoquant une aire de distribution discontinue, étaient réunis sous ce même nom: d’une part, des spécimens de Méditerranée orientale, mer Rouge septentrionale (golfe d’Aqaba), d’autre part, des spécimens de l’Atlantique sud-est et de l’Océan Indien sudouest dont le canal de Mozambique. Les spécimens de ces différents secteurs ont des affinités du point de vue morphologie générale comme en témoigne l’analyse factorielle matérialisée par deux nuages concentriques ( Fig. 4Q View FIG ). Cependant ils forment deux ensembles distincts qui diffèrent par la taille, par le nombre de côtes dorsales (élément non intégré à l’analyse factorielle) et par leur distribution géographique allopatrique. Nous rattachons ces deux ensembles à deux espèces distinctes: C. gibbosa et C. gibboides n. sp.

REMARQUES

C. gibbosa est plus petite et plus haute que C. plana et C. flava mais elle est relativement aussi large que C. plana (L = 7,06-7,77 mm; H/L = 0,67-0,73; l/L = 0,64-0,74) ( Tableau 3). Les individus les plus trapus et les plus larges ont été récoltés au large du Cap. Chez cette espèce, les sillons séparant les côtes II et IV d’une part, II et V d’autre part, subissent une régression plus ou moins importante alors qu’ils sont complets chez C. flava et absents chez C. plana . Dans moins de 20 % des cas, ils perdent 20 à 30 % de leur longueur; dans plus de 80 % des cas, cette régression atteint 50 à 90 %. Ainsi ces sillons peuvent être réduits à une petite encoche antérieure ( Fig. 22C, D View FIG ). Parfois, un des sillons disparaît complètement, le sillon symétrique étant très réduit. À leur place, on peut observer une très légère dépression superficielle ou un replat. En vue de profil, l’angle antérieur de la face ventrale est proche de 83°, il est de 73° chez C. plana et C. flava . La lèvre dorsale est plus courte (0,24 % L) et presque perpendiculaire au plan frontal; le péristome est très protégé. Sur les plans factoriels I et II, C. gibbosa , C. flava et C. plana se répartissent suivant des nuages distincts ( Fig. 4Q View FIG ). Par sa morphologie et sa répartition sud-africaine, C. gibbosa représente donc bien une espèce distincte de l’espèce indo-pacifique occidentale C. plana et atlantique C. flava . Dans les zones frontières océaniques sud-atlantique et sudouest indienne, C. gibbosa et C. flava d’une part, C. plana et C. gibbosa d’autre part, vivent sympatriquement sans formes de transition, ce qui confirme leur statut spécifique.

Kingdom

Animalia

Phylum

Mollusca

Class

Gastropoda

Order

Pteropoda

Family

Cavoliniidae

Loc

Cavolinia Abildgaard, 1791

Rampal, Jeannine 2002
2002
Loc

Cavolinia gibbosa var. plana

MEISENHEIMER J. 1905: 32
1905
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