Ouratea plumieri

Sastre, Claude & Offroy, Bérangère, 2012, Ochna jabotapita L. et Ouratea plumieri Tiegh. (Ochnaceae), Adansonia (3) 34 (1), pp. 83-92 : 86-90

publication ID

https://doi.org/ 10.5252/a2012n1a10

persistent identifier

https://treatment.plazi.org/id/F7741722-A52E-FFDD-7D85-B1ABFE91FBCA

treatment provided by

Carolina

scientific name

Ouratea plumieri
status

 

OURATEA PLUMIERI View in CoL

Van Tieghem (1902) considère bien les deux espèces américaines. Dans la mesure où Marcgrave a décrit en 1648 « Ochna jabotapita », Van Tieghem nomme l’espèce brésilienne Ouratea jabotapita (Marcgraf) Tiegh. , alors que, rappelons-le, Engler (1876) avait déjà fait la combinaison Ouratea jabotapita (Sw.) Engl.

Ce binôme étant déjà utilisé, et se basant sur un spécimen réputé des Antilles de l’herbier Lamarck récolté par Plumier, Van Tieghem décrit Ouratea plumieri Tiegh. , tout en prenant comme référence l’ouvrage de Plumier de 1703, avec comme conséquence de typifier ce binôme sur la planche 32 présentant uniquement des fruits et des fleurs( Fig.5 View FIG ). Autrement dit, il renomme l’espèce antillaise, mais vu la médiocrité des illustrations, aussi bien celles de 1703 que de 1755 (planche 153; Fig. 4 View FIG ), il est impossible de la rapprocher d’une espèce connue d’ Ouratea .

Van Tieghem (1902: 256) précise que la plante de l’herbier Lamarck est « remarquable par ses grandes feuilles membraneuses à bords munis de dents aiguës et à nervures visibles sur les deux faces, mesurant 20 cm de long sur 6 à 7 cm de large » ( Fig. 1 View FIG ).

Cette description ne correspond pas tout à fait avec la planche 153 de Plumier de 1755 ( Fig. 4 View FIG ), à fruits bien typiques des Ouratées, à feuilles possédant effectivement une marge serretée, mais à nervures secondaires brochidodromes et non campylodromes typiques des genres Ochna et Ouratea . De plus, la forme et la taille des feuilles ne correspondent ni à celles d’ Ouratea nitida ( Fig. 2 View FIG ), ni à celles d’ Ouratea guildingii (Planch.) Urb. ( Fig. 3 View FIG ), espèces antillaises.

DESCRIPTION

Il ressort que ce spécimen de l’herbier Lamarck à nervures foliaires typiques des Ouratées, n’appartiendrait pas au genre Ouratea ; il convient donc d’en donner une description.

Arbre ou arbuste, rameaux verruqueux. Feuilles à pétiole canaliculé long d’environ 5 mm; stipules coriaces, triangulaires, arquées, 12-13 × c. 5 mm à apex aigu à aristé; limbe membraneux, obové, c. 19-21 × 5,7-6,3 cm, base aiguë, apex détruit, marge serretée, dents vascularisées d’environ 0,5mm de longueur, nervure principale saillante à la face inférieure, nervures secondaires inégales, les plus grosses brochidodromes rejoignant la marge, les plus fines, droites ou arquées ne rejoignant jamais la marge, nervures tertiaires, droites à peu ondulées, joignant les nervures secondaires entre elles, au niveau de la marge certaines d’entre elles irriguent les dents (une par dent). Inflorescence terminale ramifiée, longue de 6 cm, axes pubescents; bractées foliacées similaires à des feuilles réduites, à pétiole de c. 5 mm de longueur, à limbe membraneux, 2-5 × c. 8-12 mm; bractéoles coriaces, triangulaires, 0,5-1,5 × 1-2 mm. Boutons floraux, seulement 4 visibles, 3-4 × 1-1,5 mm. Fleurs épanouies et fruits inconnus.

Dans cette description, les feuilles montrent beaucoup de ressemblances avec une espèce d’ Ochna originaire des Indes ( Fig. 6 View FIG ): mêmes feuilles membraneuses, même nervation secondaire saillante et même micropilosité sur les deux faces du limbe; cette collection de l’herbier Lamarck serait alors un spécimen d’ Ochna cf. obtusata DC. subsp. pumila (Buch.-Ham. ex DC.) Panigrahi & Murti. Il n’est pas impossible que ce spécimen ait effectivement été récolté dans les Antilles, à partir d’un arbuste introduit et planté dans un jardin.

Kanis (1968) subdivise Ochna obtusata en trois variétés: obtusata , gambei (King ex Brandis) Kanis et pumila (Buch.-Ham. ex DC.) Kanis, tandis que Panigrahi & Murti (1989) pour le district de Bilaspir, situé en Inde, hissent les variétés obtusata et pumila au rang de sous-espèces, qu’ils nomment Ochna obtusata DC. subsp. obtusata et Ochna obtusata DC. subsp. pumila (Buch.-Ham. ex DC.) Panigrahi & Murti.

Ces auteurs distinguent ces taxons infraspécifiques essentiellement par des caractères floraux et inflorescentiels, or rappelons-le, le spécimen de l’herbier Lamarck ne possède que de jeunes boutons rendant la détermination incertaine au niveau spécifique, et à plus forte raison au rang sous-spécifique.

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